« Est-ce que mon salon est rentable ? » La plupart des propriétaires répondent au ressenti, et se trompent dans les deux sens : certaines s’inquiètent alors que le salon gagne bien, d’autres se rassurent en pleine hémorragie. La rentabilité se calcule, en quatre étapes qui tiennent sur une page de cahier.
Cette page détaille le raisonnement. Si vous voulez seulement le chiffre, le calculateur de rentabilité d’un salon de coiffure le sort à partir de trois entrées, et vous revenez ici le jour où vous voudrez savoir d’où il sort.
Quelles charges compter dans le calcul ?
Toutes, et surtout les deux que presque personne ne compte. Listez ce que le salon coûte chaque mois en séparant ce qui tombe même portes fermées de ce qui monte avec l’activité.
- Loyer et charges du local : eau, électricité, gaz.
- Salaires et cotisations sociales de vos employées.
- Ce que vous voulez vous verser chaque mois. Une propriétaire qui prend dans la caisse sans le compter obtient un salon qui paraît rentable, et qui l’est uniquement parce qu’elle travaille gratuitement.
- L’usure du matériel : le prix de vos équipements divisé par leur durée de vie en mois. C’est cette ligne qui vous permettra de remplacer le bac le jour où il lâche.
- Communication, abonnements, petit entretien.
- Les produits consommés, coloration, oxydant et soins, qui forment la charge variable principale : ils montent quand le salon travaille et tombent quand il est vide.
Les cinq premières lignes sont vos charges fixes. Vous les payez que la journée soit pleine ou creuse, et c’est ce total qu’il faut couvrir avant de gagner le moindre dinar.
Comment trouver le seuil de rentabilité de son salon ?
En divisant les charges fixes par le taux de marge sur coûts variables, jamais en additionnant simplement tout. La nuance n’est pas théorique : le produit consommé augmente en même temps que le chiffre d’affaires, donc un salon qui vise un chiffre égal à ses charges totales atteint son objectif et perd encore de l’argent. Ce taux se retrouve avec deux chiffres que vous avez déjà : ce que vous avez dépensé en produits le mois dernier, et le chiffre d’affaires du même mois. Ce qui reste sur chaque dinar encaissé, une fois le produit payé, sert à couvrir les charges fixes.
Divisez ce seuil mensuel par vos jours d’ouverture, puis par votre panier moyen. Vous obtenez un nombre de clientes par jour, et c’est la seule forme du résultat qui se retient et se répète à l’équipe le lundi matin.
Quelles prestations rapportent vraiment ?
Celles qui dégagent le plus par heure, pas celles qui affichent le prix le plus élevé. Deux prestations au même tarif ne se valent pas si l’une mobilise un poste deux fois plus longtemps ou consomme trois fois plus de produit. Dans la plupart des salons, une poignée de prestations fait la majeure partie du bénéfice, et une ou deux tournent à perte depuis des mois sans qu’aucun signal ne s’allume.
| Prestation | Prix | Durée | Ce qui compte |
|---|---|---|---|
| Prestation A | Élevé | Longue + produit | Marge par heure moyenne |
| Prestation B | Moyen | Courte, peu de produit | Marge par heure élevée |
| Prestation C | Bas | Longue | Souvent à perte, à revoir |
Sur quels leviers agir pour améliorer la rentabilité ?
Sur le remplissage avant les tarifs. Augmenter les prix d’un salon vide le vide davantage, alors que remplir une heure creuse ne coûte presque rien : les charges fixes de cette heure sont déjà payées.
- Remplir les heures creuses. Le mardi matin coûte exactement le même loyer que le samedi après-midi.
- Réduire les rendez-vous manqués, parce qu’un no-show éloigne du seuil sans rien économiser en produit.
- Mettre en avant les prestations à forte marge par heure, sans casser la fidélisation en écartant les autres.
- Revoir les tarifs qui ne couvrent plus leurs coûts, en général les plus anciens de la grille.
- Surveiller les restes de produit, qui partent en pure perte dans le lavabo.
- Anticiper les pics de l’Aïd et de la saison des mariages, où le même effort commercial rapporte le plus.