La question du financement arrive vite, et souvent dans le mauvais ordre : on cherche l’argent avant d’avoir chiffré ce dont on a besoin. Or la première chose que demandera n’importe quel interlocuteur, dispositif public ou membre de la famille, c’est combien et pour quoi faire. Ce document se construit une fois et sert partout.
Quelles voies de financement existent ?
Trois, avec des logiques très différentes. Elles ne s’excluent pas : beaucoup de projets combinent un apport personnel et un dispositif d’accompagnement.
- L’apport personnel et familial, qui finance la majorité des ouvertures de salon et reste le plus rapide à mobiliser.
- Les dispositifs publics d’appui à la création d’activité et de microcrédit, qui s’adressent à des porteurs de projet n’accédant pas directement au crédit bancaire.
- Le crédit bancaire classique, plus rare sur un premier projet sans historique d’activité.
Comment fonctionne l’appui public à la création d’activité ?
Un dispositif national accompagne la création d’activité, en particulier pour les porteurs de projet qui n’accèdent pas directement au crédit bancaire. Il a changé de nom plusieurs fois ces dernières années, ce qui explique une bonne partie des informations contradictoires qui circulent. L’antenne de votre wilaya est l’interlocuteur qui engage sa parole.
Qui s’en occupe : Dispositif national d’appui à l’entrepreneuriat (ex-ANADE, ex-ANSEJ) (NESDA)
Les questions à leur poser :
- Mon activité entre-t-elle dans les activités éligibles à ce dispositif ?
- Quel apport personnel est attendu de ma part, et sous quelle forme ?
- Quelles pièces composent le dossier, et dans quel ordre les réunir ?
- Combien de temps s’écoule entre le dépôt et la décision ?
- Que couvre exactement le financement : le matériel, le local, le stock, la trésorerie ?
- Si le dossier est refusé, puis-je le représenter, et à quelles conditions ?
Et le microcrédit pour un petit projet ?
Un dispositif de microcrédit existe pour les projets de taille modeste, avec sa propre logique et ses propres conditions. Il peut convenir à une ouverture légère, en onglerie ou à domicile, là où l’appui à la création d’activité vise des montants plus élevés.
Qui s’en occupe : Agence Nationale de Gestion du Microcrédit (ANGEM)
Les questions à leur poser :
- Mon projet, tel que je le chiffre, entre-t-il dans le périmètre du microcrédit ?
- Quelles pièces dois-je réunir, et où déposer le dossier ?
- Quel apport est attendu de ma part ?
- Sur quelle durée le remboursement s’étale-t-il, et à partir de quand ?
- Un accompagnement est-il prévu après l’obtention, et sous quelle forme ?
Que vous demandera-t-on dans tous les cas ?
Un projet chiffré, quelle que soit la voie. Concrètement : combien vous investissez et dans quoi, ce que le salon coûtera chaque mois, ce que vous attendez comme recettes, et à partir de quel mois vous couvrez vos charges. Ce document sert au guichet, il sert à convaincre un proche, et il sert surtout à vous convaincre vous-même. Beaucoup de projets refusés l’étaient pour un dossier vide, pas pour un mauvais projet.
Faut-il choisir une seule voie de financement ?
Pas nécessairement, et c’est le point que beaucoup de porteuses de projet découvrent en cours de route. Apport personnel, appui public et crédit bancaire ne s’excluent pas par nature : ce sont des sources qui se combinent couramment, et la part de chacune dépend de ce que votre situation permet. Ce que chaque organisme accepte ou exige dans ce cas de figure lui appartient et se demande à lui, pas à un article. Ce qui vous appartient, en revanche, c’est de savoir exactement combien il vous manque avant d’engager la conversation : c’est la première chose qu’on vous demandera, et c’est aussi la seule que vous puissiez préparer sans dépendre de personne.
Que peut-on préparer avant même de savoir à quelle porte frapper ?
Le chiffrage du projet, qui sera demandé quelle que soit la voie retenue. Ce que coûtera l’ouverture et ce que vous prévoyez d’encaisser les douze premiers mois ne dépendent d’aucun organisme : c’est votre travail, il se fait avant le premier rendez-vous, et il se réutilise tel quel d’un interlocuteur à l’autre. Les postes dont le prix est public se remplissent tout de suite, à commencer par les abonnements du salon, dont les tarifs sont affichés. Une porteuse de projet qui arrive avec un budget détaillé et un prévisionnel qui tient debout pose des questions précises et obtient des réponses précises ; celle qui arrive avec une intention repart avec une liste de choses à préparer, et un mois de perdu.
Pourquoi cette page ne donne-t-elle aucun plafond ni condition ?
Parce que les montants, les conditions d’éligibilité et les délais d’instruction sont définis par chaque dispositif, qu’ils évoluent, et qu’ils ont déjà changé plusieurs fois avec les réorganisations successives. Une porteuse de projet qui construirait son plan de financement sur un plafond lu en ligne s’exposerait à découvrir l’écart après avoir engagé des dépenses. La liste de questions ci-dessus est faite pour obtenir ces chiffres à la source, en une visite.